LE RAPPORT ANNUEL 2012 DE L'OBSERVATOIRE DE LA QUALITÉ DE L'AIR EN RHÔNE-ALPES

Axe 3 : Amélioration des connaissances


Air Rhône-Alpes a vocation d'être l’expert et le référent pour la qualité de l’air de son territoire. L’observatoire régional doit pouvoir répondre de manière organisée aux demandes variées d’amélioration des connaissances et aux sollicitations croissantes.



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Depuis 2011, l’amélioration des connaissances sur l’air est exprimée dans le PRSQA selon 3 orientations :

  • Les actions entreprises doivent être tournées vers l’efficacité, visant à préparer et accompagner des actions d’amélioration de la qualité de l'air
  • Les moyens mis en œuvre doivent être optimisés, cohérents et adaptés aux objectifs
  • L’ouverture aux territoires voisins doit permettre d’harmoniser les outils : les enjeux atmosphériques dépassent largement les limites administratives de la région, aidés par le partage d’éléments géographiques à forts enjeux (la vallée du Rhône avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les Alpes avec la Suisse et l’Italie).


Le programme d’amélioration des connaissances sur l’air est organisé autour de 5 thématiques. Chacune d’elles est construite autour de 15 programmes, eux-mêmes alimentés par 48 projets actifs en 2012.

Les projets de cet axe sont mis en œuvre uniquement s’ils peuvent être financés par des subventions sur objectif, en dehors des coûts destinés à l’observatoire.

  • Coût moyen d’un projet : 60 200 €
  • Coût du plus petit projet : 5 500 €
  • Coût du plus grand projet : 600 000 € (projet européen de coopération franco-italienne)


Les travaux 2012 par thématiques

Améliorer la description territoriale

La mise en œuvre de la connaissance de la qualité de l'air sur le territoire est majoritairement décrite par les textes réglementaires, déclinés dans les objectifs de l’axe 1. Pour autant, même si la partie réglementaire est assurée, elle n’est pas suffisante car certains territoires nécessitent des connaissances complémentaires pour être mieux décrits.

Les points noirs environnementaux

Air Rhône-Alpes travaille sur la connaissance des points noirs environnementaux:

  • Suite à des plaintes ou des événements ponctuels liés à des établissements, des investigations métrologiques ont été menées à Saint Laurent du Pont (Odeurs - 38), à Roche la Molière (odeurs – 42), à Jarrie (travaux industriels potentiellement émetteurs de mercure – 38).
  • Des travaux, parfois associés à des mesures, visant à mieux décrire les modèles de simulations de la qualité de l'air, ont été mis en œuvre sur des zones complexes, notamment routières, telles que dans le cadre du débat public sur l’Anneau des Sciences (Agglomération lyonnaise – 69), sur les routes d’accès aux stations de sports d’hiver (73, 74 et 38), à Rochemaure (07), ou en lien avec les travaux dans le tunnel de la Croix-Rousse (Lyon – 69).
Les zones multi émettrices à dominante industrielle

Dans les zones multi émettrices à dominante industrielle, la surveillance réglementaire en air ambiant n’est parfois pas suffisante pour disposer d’une bonne connaissance de l’exposition, notamment pour les polluants non réglementés.

  • Les dioxines et métaux lourds font l’objet d’un suivi particulier dans la région, pérennisé depuis 2006, par la mutualisation financière de partenaires industriels gérant des installations d’incinération de déchets (14 partenaires – 38 et 69).
  • Les Composés Organiques Volatils retiennent une attention toute particulière dans le sud lyonnais, dans la vallée de l’Arve et la Plaine de l’Ain.
  • Enfin, les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques ont été explorés en milieu rural savoyard, en lien avec des émissions industrielles et des systèmes de chauffage au bois.
Les nuisances "associées à l'air"

Des nuisances dites « associées à l’air » sont également investiguées.

  • Le bruit fait l’objet de la mise en place d’observatoire sur les agglomérations de Grenoble (38) et Saint Etienne (42). Par ailleurs, une plateforme air/bruit, en lien avec le partenaire Acoucité est en cours de construction sur la région.
  • Les odeurs, dont les sources ne sont pas toujours connues, sont suivies à l’aide d’une plateforme de signalements présente sur l’agglomération lyonnaise et en cours d’extension sur l’agglomération grenobloise et sur l’Isère rhodanienne.
L'amélioration des modèles

L’amélioration de la description territoriale passe aussi par l’amélioration des modèles.

  • Un projet vise ainsi à développer la modélisation d’émissions industrielles sur le territoire restreint de la plateforme industrielle du sud grenoblois, et un autre dans le cadre d’une cartographie annuelle des PM2.5.

Améliorer les connaissances sur des thématiques spécifiques

Air Rhône-Alpes s’investit sur la connaissance de polluants émergents, notamment par des investigations poussées sur la composition chimique des particules.

  • Un appareil de mesure de la fraction de carbone organique et de carbone élémentaire dans les PM10 fonctionne en continu dans le centre de l’agglomération lyonnaise.
  • Parallèlement, Air Rhône-Alpes soutient le programme national CARA (caractérisation chimique des particules) en mettant à disposition des prélèvements de particules, analysable en cas d’épisode de pollution, pour sa compréhension des causes.
  • Dans l’objectif d’améliorer ou de développer les outils d’estimation de la contribution du salage/sablage dans les dépassements réglementaires des niveaux de PM10, Air Rhône-Alpes a mis en place une étude sur l’influence des pratiques de viabilité hivernale sur les concentrations de PM10.

Par ailleurs, des travaux sur le transfert de polluants du sol vers l’atmosphère aboutiront en 2013.

Améliorer les connaissances de l’exposition des populations

La Région Rhône-Alpes est un territoire à enjeux forts sur l’exposition des personnes aux polluants atmosphériques et particulièrement dynamiques.

  • Plusieurs partenariats institutionnels (INSERM, ANSES, INVS, EHESP, etc.) permettent la mise à disposition de données des recherches d’effets de la pollution sur la santé ou de recherches épidémiologiques. Notamment, 2012 a vu l’aboutissement de 4 années de travaux pour le projet GAZEL.
  • On peut aussi citer les enjeux sanitaires liés à l’exposition aux pollens, et notamment au pollen d’ambroisie. Les comptages polliniques se poursuivent sur Lyon et Roussillon et la plateforme de modélisation pollinique permet d’accompagner les plans de lutte départementaux mis en place dans le cadre du PRSE 2, par la fourniture d’indicateurs territoriaux d’exposition à un risque allergique élevé ou en testant des scénarios de lutte que peuvent engager les collectivités.
  • L’amélioration des connaissances sur l’exposition des personnes à la pollution intérieure, notamment des jeunes enfants se poursuit également. Des travaux ont pu être menés dans la Drôme et dans le Rhône, et plusieurs autres sont en cours (lycées de la Région, bâtiments HQE, parkings souterrains etc.).
  • Enfin, l’évaluation des pesticides dans l’air ambiant, axe fort du PRSE 2, est une activité dynamique, puisque parmi les cinq projets actifs sur 2012, l’un d’eux voit ses résultats diffusés : Etude des concentrations de pesticides lors des épandages contre la mouche du brou de noix.

Mettre en cohérence les outils avec les territoires voisins

La mise en commun d’outils est nécessaire pour permettre une comparabilité des outils d’évaluations, ainsi qu’une recherche d’optimisation des coûts.

  • Le projet AERA ALCOTRA, qui s’achèvera mi-2013, en est un excellent exemple : une plateforme de modélisation à l’échelle du territoire franco-italien est maintenant disponible et opérationnelle pour l’accompagnement de la planification.
  • Le partenariat avec Air PACA a également permis de mettre un observatoire commun autour de l’autoroute A7.

Améliorer les connaissances technologiques

Des tests comparatifs sur les stations de mesures se poursuivent avec des partenariats extérieurs, notamment pour de le développement d’appareils miniaturisés.

Bilan d’activité et indicateurs financiers 2012

L’axe 3 représente un budget total de 1986 k€ en 2012 soit 27% du budget total alloué à la réalisation du PRSQA en 2012.

La carte ci-dessous vous permet de consulter les 50 campagnes de mesures menées par Air Rhône-Alpes au cours de l’année 2012.

Sélectionnez les études en cours ou diffusées durant l’année 2012 ou choisissez d’affichez les études par programmes souhaités via les filtres du menu « Afficher »

Cliquer sur un point pour obtenir le descriptif complet de l’étude ainsi que les liens vers les rapports.




Parmi les nombreuses études menées sur le territoire Rhônalpin, Air Rhône-Alpes vous propose de découvrir 6 études phares de l’année 2012.




  • Simulations prospectives de qualité de l'air à l'horizon 2030 dans le cadre du projet Anneau Des Sciences (69)
    illustration Anneaux des Sciences - Copyright : Jacques Léone. Télécharger le PDF

    Zone géographique
    • Départements : 69
    Partenaires et financeurs
    Publications
    Le projet Anneau des Sciences :


    Dans le cadre du projet d’infrastructure « Anneau des Sciences » porté par le Grand Lyon et le Département du Rhône, Air Rhône-Alpes a réalisé des calculs d’émissions des polluants provenant du trafic routier et les simulations de leur dispersion pour différents scenarii prospectifs à l’horizon 2030.

    le renouvellement du parc automobile

    A l’horizon 2030, le renouvellement du parc automobile constitue un levier d’action pour réduire les émissions du transport, à condition que l’augmentation potentielle du volume de trafic ne vienne pas compenser cette amélioration technologique.

    evolution des émissions de dioxyde d'azote (NOx) entre 200 et 2030

    La baisse des émissions du transport routier d’ici 2015 par rapport à 2007 sur l’agglomération Lyonnaise (avec trafic en légère augmentation) est estimée à : 23 % pour les PM10 et 32 % pour les NOx

    Les simulations d'évolution

    Des simulations d’évolution des émissions et de la qualité de l’air à l’horizon 2030 ont été réalisées afin d’estimer la superficie du territoire et le nombre de personnes potentiellement exposées à des niveaux de NO2 supérieurs à la réglementation selon les scenarii.

    Globalement, à l’échelle de l’agglomération, quel que soit le scénario, la réalisation du projet « Anneau des Sciences » ne dégrade pas le bilan des émissions par rapport au scénario de référence (2030 sans infrastructure). La quantité de population potentiellement exposée à des dépassements de seuil diminue légèrement dans le cas de l’implantation d’une nouvelle infrastructure.

    Sur l’axe A6/A7 requalifié en Boulevard Urbain, les réductions d’émissions et par conséquent de l’exposition des populations sont beaucoup plus significatives par rapport au scénario de référence. En revanche, les émissions augmenteront le long des nouvelles infrastructures et sur la zone ouest, principalement au niveau des émergences (entrée et sorties de tunnels) de la future infrastructure.

    estimation de l'exposition de la population au NO<sub>2</sub>

    Des zones résiduelles de mauvaise qualité de l’air ?

    Bien qu’à l’horizon 2030 une amélioration nette de la qualité de l’air soit attendue globalement sur l’agglomération, il pourrait cependant subsister des « spots » de surconcentrations marqués au niveau des émergences de la future infrastructure.

    Ces « points noirs » potentiels constitueraient des zones spécifiques plus délicates à traiter, qui réclameraient une vigilance particulière quant à leur impact potentiel sur l’environnement proche et la population exposée.

    Cette étude constitue avant tout une première approche comparative des scénarii et non une étude d’impact. Elle a également permis d’identifier les sources d’incertitudes majeures à prendre en compte lors d’ études ultérieures relatives au scénario qui sera retenu.


    Intervention d'Air Rhône-Alpes dans le cadre du débat public de l'anneau des sciences

    Dans le cadre du débat public du projet de tronçon ouest du périphérique de Lyon, rebaptisé Anneau des sciences, porté par le Grand Lyon et le conseil général du Rhône, Air Rhône-Alpes a participé à la 3ème réunion publique "Impacts des transports sur la santé et l'environnement" du jeudi 13 décembre 2012 de 19h30 à 22h30 à l’Université Lyon 3.

    Manuel MARQUIS, directeur territorial Ouest, est intervenu sur le thème « Qualité de l’air et transport : le cas de l’agglomération Lyonnaise » afin de présenter l'impact des transports dans la qualité de l'air sur le territoire du Grand Lyon ainsi que les enjeux pour les années à venir. Consultez le diaporama


    les modalités de calcul de l'étude :

    • Météorologie et sources de pollution (hors trafic) identiques pour les différents scenarii. Année 2011
    • Les scénarii différent sur la présence ou non de la nouvelle infrastructure, la longueur du tracé, le nombre de tranchées ouvertes et fermées et les émissions liées au trafic.
    • Emissions de polluants calculées à partir d’un parc roulant 2025 (hypothèse conservatrice de nature à ne pas minorer les émissions).
    • Scenarii prospectifs basés sur une population 2030 fournie par le Grand Lyon, prenant en compte une évolution moyenne par commune ainsi que l’urbanisation liée à certains projets d’aménagement à cet horizon.
  • Observatoire de la qualité de l'air autour de l'A7 (07, 26, 69)
    illustration Anneaux des Sciences - Copyright : Jacques Léone. Télécharger le PDF

    Zone géographique
    • Départements : 07 - 26 - 69 - Nord 38
    Partenaires et financeurs
    Les rapports d'études

    Observatoire de l'air autour de l'axe routier de la Vallée du Rhône

    Les communiqués de presse

    Axes routiers & mobilité urbaine : Comment agir pour améliorer l’air de demain ?


    En moyenne sur une année, le secteur des transports est responsable de 67 % des émissions d’oxydes d’azote et de 24 % des émissions de particules fines PM10 sur la région Rhône-Alpes. Air Rhône-Alpes travaille à une meilleure connaissance de l’exposition des populations à la pollution liée aux transports au sein de l’agglomération et le long des axes de circulation afin d’apporter des outils d’aide à la décision pour les politiques publiques en matière de déplacements et d’urbanisation. A ce titre, un observatoire de la qualité de l’air a été mis en place en 2010, le long du principal axe routier de la Vallée du Rhône, de Ternay (Rhône) à Rognac (Bouches-du-Rhône), en partenariat avec ASF et Air PACA.

    Des cartographies de haute résolution spatiale de la pollution autour de l’A7 pour localiser les zones critiques et dégradées

    L’observatoire de l’autoroute A7 aboutit aujourd’hui à des cartographies à haute résolution spatiale de la qualité de l’air sur les territoires situés le long de cet axe.

    Cartographie de NO<sub>2</sub> de la qualité de l’air autour de l’A7 en 2011

    L’étude montre que la pollution est maximale au centre de l’axe et décroit progressivement de part et d’autre de la voie jusqu’à atteindre des niveaux conformes à la réglementation (5 à 25 % de la valeur maximale) à 100 mètres de l’axe. Des simulations ont également permis d’identifier précisément la contribution des poids lourds et du reste du parc circulant sur l’autoroute dans les niveaux de NO2 mesurés.

    Des diagnostics évaluations de la part de population exposée aux NO2 et PM10

    Sur l’ensemble de l’observatoire (région Rhône- Alpes et PACA) en 2011, 10 % de la population habitant à proximité de l’axe (à moins de 500m) a été soumise à des dépassements des seuils réglementaires de NO2 et 16 % a été exposée à une qualité de l’air dégradée (proche du seuil réglementaire).

    exposition de la population au dioxyde d'azote NO<sub>2</sub>

    Des simulations tendancielles 2015/2020 pour définir les leviers d’actions les plus pertinents et aider à la décision dans le cadre des politiques de transports et d’urbanisme.

    Les scénarios de prospective 2015 et 2020 montrent que la qualité de l’air s’améliore par rapport à 2011 en raison de d’une baisse importante des émissions liée à la modernisation et l’amélioration technologique du parc de véhicules. Cependant, ces effets ne seront appréciables qu’à long terme et ne seront pas suffisants pour garantir un air sain à toute la population puisque certains secteurs resteront en dépassement de valeurs limites à ces horizons.

  • Pesticides contre la mouche du brou de noix et qualité de l'air dans le sud Grésivaudan(Sud 38)
    illustration Anneaux des Sciences - Copyright : SENURA. Télécharger le PDF

    Zone géographique
    • Sud Isère
    Publication

    Concentrations de pesticides liées aux épandages contre la mouche du brou de noix

    Presse

    Enviscope relate le travail de mesure de pesticides d'Air Rhône-Alpes


    Suite à des plaintes de riverains, Air Rhône-Alpes a réalisé en 2012, en partenariat avec l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Rhône-Alpes, une étude sur les niveaux de pesticides dans l’air liés aux épandages contre la mouche du brou dans un secteur habité du Sud Grésivaudan à forte densité de noyers. L’objectif était d’évaluer la présence et les niveaux de pesticides dans l’air pendant et après les traitements dans un secteur habité et d’améliorer les connaissances sur l’exposition aigüe des populations aux substances phytosanitaires en secteur de proximité.

    Une lutte aux pesticides obligatoire contre la mouche du brou

    La mouche du Brou (Rhagoletis completa) de la noix envahit depuis 2007 les exploitations de noyer du territoire rhônalpin. Particulièrement présente sur la vallée de l’Isère, et notamment dans le Sud du Grésivaudan, les champs de noyers et les nuciculteurs ont déjà pu observer des pertes significatives jusqu'à 80 % de leurs récoltes.

    Déclaré « organisme de quarantaine » par l'Europe, un plan de lutte obligatoire doit être mené par les exploitants sur les cultures, impliquant des épandages de pesticides pour éradiquer le nuisible.

    Pesticides et mouche du brou : les résultats en bref.

    Parmi les quatre substances recherchées sur le site d’étude à proximité des habitations, seule la substance active la plus couramment utilisée contre la mouche du brou, le thiaclopride a été quantifiée dans 30% des prélèvements. Les niveaux de thiaclopride relevés sont relativement faibles, compris entre 0,01 et 0,27 ng/m3. Les périodes de détection de cette substance correspondent effectivement aux épandages réalisés sur les parcelles de noyer autour du site de mesure, mettant en évidence l’influence des traitements effectués sur ces cultures. Le composé reste néammoins mesurable quelques jours après le traitement.

    Niveaux de concentrations de thiaclopride en ng.m3 par période

    Le facteur météorologique déterminant

    A l’instar de nombreuses substances mesurées par Air Rhône-Alpes, la présence dans l’air ambiant du Thiaclopride est conditionnée par le facteur météorologique. Vent, pluie, température influent sur la dispersion des "goutelettes" de polluants. Ici, les différences de niveaux observés entre les périodes d'épandages sont majoritairement dues à la direction et la force des vents, changeantes entre les prélèvements. Lorsqu’il y a peu de vent les produits épandus restent sur les parcelles traitées et dès lors qu’il ya du vent les produits sont mesurés en dehors des parcelles de noyer.

    Air Rhône-Alpes mesure les pesticides depuis 2007

    Dans le cadre du Plan Régional Santé Environnement (PRSE), Air Rhône-Alpes réalise depuis 2007 des mesures de pesticides dans l’air. Viticulture dans le Beaujolais et vallée du Rhône, grandes cultures dans la plaine de Bièvre, maraichage grandes cultures dans la plaine du Forez, arboriculture dans le Pilat et la vallée du Rhône, zone de montagne dans le parc national des Ecrins, zone périurbaine de Valence, grandes cultures dans le Rhône…

    Nombre de campagnes de mesures ont été réalisées depuis 5 ans et autant de bilans, méthodes et résultats communiqués.

    Toutes ces études contribuent à l’amélioration des connaissances sur ce sujet. L’ensemble de ces analyses permettent également la constitution d’une base de données de référence qui permettra, au fur et à mesure de sa constitution, de caractériser les points de vigilance sur des polluants qui ne sont pas encore réglementés dans l’air ambiant.

    Air Rhône-Alpes a également participé au dernier colloque scientifique EnvitéRA « Pesticides dans l’air, impact sur la santé et les écosystèmes » co-organisé par Envirhônalp, la région Rhône-Alpes et l’Unité Cancer et Environnement du Centre Léon Bérard.

  • Qualité de l'air et transports à Bourg-en-Bresse(01)
    illustration Anneaux des Sciences - Copyright : SENURA. Télécharger le PDF

    Zone géographique
    • Département : 01
    Les chiffres
    • 30 points de mesures de tubes passifs
    • 1 remorque de mesures
    • 1 cabine de mesures
    Publication

    Etude de la qualité de l’air en proximité routière sur Bourg-en-Bresse : mesures et modélisation


    Le transport est l’une des principales sources polluantes avec l’industrie et le secteur résidentiel/tertiaire de l’agglomération de Bourg-en Bresse. Il est responsable de 70% des émissions totales de NOx et d'environ 26% de particules PM10. L’agglomération de Bourg-en-Bresse dispose d’une station de mesures de la qualité de l’air permanente représentative d’une situation de fond urbain (représentative de la qualité de l’air moyenne respirée par la majorité de la population).

    En 2011, l’agglomération burgienne a fait l’objet d’une étude de qualité de l’air pour laquelle ont été mises en œuvre des mesures complémentaires qui ont permis de spatialiser la qualité de l’air dans le but d'estimer dans chaque rue du cœur de ville les concentrations des principaux polluants sous forme cartographique.

    Du bilan des mesures…

    Cartographie des moyennes annuelles de NO<sub>2</sub> mesurées 
sur l’agglomération de Bourg-en-Bresse

    En 2011, une remorque de mesures a été installée durant une année sur le boulevard périphérique externe (boulevard J. Kennedy) afin de suivre les concentrations en dioxyde d’azote et poussières fines (PM10). En complément, une cabine de mesures itinérante a permis l’évaluer les concentrations de ces polluants sur trois axes à grande circulation (Avenue d’Alsace Lorraine, boulevard Maréchal Leclerc et boulevard Victor Hugo). Une trentaine d’emplacements ont également été équipés de tubes passifs pour le suivi des oxydes d’azote.



    Il apparaît que :

    • Les concentrations relevées en NO2 à proximité du trafic sont plus importantes que sur la station de fond. Les dépassements du seuil horaire sont rares. La modélisation montre en revanche que de nombreux axes structurants dépassent la valeur limite annuelle
    • Concernant les PM10, moins de 1% de la surface totale est concernée par des dépassements réglementaires. Le niveau de fond est relativement élevé et uniforme sur le domaine modélisé. En considérant les moyennes journalières, la majorité des axes structurants est au-dessus de 35 jours de dépassements (2% de la surface modélisée). Ces dépassements concernent surtout des journées hivernales et anticycloniques (mauvaise dispersion des polluants, hausse du chauffage).

    … aux cartographies d’exposition de population

    A l’aide du modèle SIRANE, déjà opérationnel dans d’autres agglomérations rhônalpines, des cartographies présentant les moyennes annuelles du dioxyde d’azote et des particules PM10 en tout point du domaine étudié ont été réalisées. Elles permettent de visualiser les rues qui peuvent potentiellement ne pas respecter les normes 2011 de la qualité de l’air.

    Cartographie des moyennes annuelles de NO<sub>2</sub> mesurées 
sur l’agglomération de Bourg-en-Bresse

    Un nouvel outil d’évaluation de l’impact des transports sur la qualité de l’air de Bourg-en-Bresse

    Ce modèle fine échelle (résolution de 10 m) est désormais opérationnel à Bourg-en-Bresse. Les simulations issues du modèle permettront de suivre l’évolution annuelle des niveaux de pollution à l’échelle de la rue et d'informer la population sur la répartition spatiale de la pollution atmosphérique au fil des ans. Croisées aux données de répartition de la population, cet outil permettra d’évaluer les populations qui sont exposées à un dépassement des exigences réglementaires et qui peuvent donc être fragilisées par la pollution.


    Pour en savoir + sur les leviers d’actions du territoire consulter :

  • Qualité de l'air au voisinage du centre de stockage de Roche La Molière (42)
    illustration Anneaux des Sciences - Copyright : SENURA. Télécharger le PDF

    Zone géographique
    • Département : 42
    Partenaire et Financeur
    Calendrier
    • 1er échanges entre Air Rhône-Alpes et SITA : juin 2011
    • Campagnes de mesures : Automne 2011, hiver, printemps, été 2012.
    • Rendu du rapport aux partenaires : Janvier 2013
    • Présentation de l'étude aux administrateurs du Comité Territorial de la Loire en février 2013
    • Diffusion du rapport : Avril 2013

    Suite à la persistance de signalements de nuisances olfactives, évoquée notamment en commission locale d’information et de surveillance de l'exploitation du centre de stockage de déchets non dangereux de Borde-Matin à Roche la Molière (42), Air Rhône-Alpes a proposé de mener une investigation visant à évaluer la qualité de l’air et les nuisances olfactives au voisinage de cette installation. En complément des campagnes de mesures déjà réalisées en 2009 (qui portaient surtout sur les polluants chimiques), de nouvelles mesures ont été réalisées en 2011 et 2012.

    Déroulement de l’intervention d’Air Rhône-Alpes

    L’étude a porté sur le suivi de sulfure d'hydrogène (H2S), de particules PM10, de composés organiques volatils ainsi que sur les bios contaminants (moisissures, bactéries…) également appelés bio aérosols au niveau du centre de stockage ou sur des sites à proximité de celui-ci.

    Afin d'objectiver l'ensemble de ces mesures, un recueil des signalements d'odeurs a été engagé auprès des riverains via un extranet d'Air Rhône-Alpes au cours de cette année d'investigation.

    Les Bio-aérosols sont des particules aéroportées constituées d’organismes vivants (bactéries, spores de moisissures, virus, protozoaires) ou de composés provenant des micro-organismes (toxines, métabolites, fragments de germes.

    Bilan des signalements

    • 300 signalements d’odeurs de riverains du 4 octobre 2011 au 15 octobre 2012
    • 159 personnes ont signalé au moins une odeur.
    • 84 % des signalements visent le centre de stockage

    Sulfure d'Hydrogène (H2S) : fortes teneurs sur le site mais diminution avec l’éloignement

    Les prélèvements H2S réalisés sur le centre même de stockage présentent les plus fortes valeurs sur chacune des 4 campagnes. La valeur relevée lors de la première investigation était environ 3 fois plus importante que le seuil olfactif fixé à 11 µg.m-3. Sur tous les autres sites de prélèvements au voisinage du centre de stockage les valeurs obtenues sont au minimum 20% plus faible que sur le centre de stockage.

    Elles sont aussi en moyenne plus faibles que la valeur de référence OMS destinée à éviter la gêne olfactive (7 µg.m-3 en moyenne sur 30 minutes). Cependant, cela n'exclut pas la possibilité de l’apparition de pics ponctuels supérieurs à la valeur de référence qui seraient à l’origine des signalements de "mauvaises odeurs" relevés dans le voisinage.

    Au regard des vents dominants, les sites qui enregistrent généralement les plus fortes valeurs sont les plus exposés à des retombées en provenance du centre de stockage de déchets ménagers SITA.

    Les bio-aérosols dans l'air : des investigations à poursuivre

    Au regard des différentes campagnes réalisées, l'impact du centre de stockage semble limité sur les concentrations mesurées en bio contaminants. Cependant, les teneurs enregistrées sur un même site de prélèvement peuvent rapidement varier du fait de conditions extérieures (saison, taux d’humidité). Par exemple, on relève plus de moisissures en automne en raison de l’humidité ambiante. Air Rhône-Alpes préconise un suivi plus régulier pour permettre de mieux évaluer ce phénomène et l’éventualité d’un lien avec la présence d’odeurs.

  • AERA : projet transfrontalier ALCOTRA de coopération franco-italienne (73, 74)
    illustration Anneaux des Sciences - Copyright : SENURA. Télécharger le PDF

    Zone géographique
    • Départements en Rhône-Alpes : 73, 74 (éligibles Alcotra)
    • région Rhône-Alpes
    Partenaires
    • Région Ligurie
    • Région Piémont
    • la Région autonome de la Vallée d’Aoste
    • Région Rhône-Alpes
    • Province de Cuneo
    • DREAL PACA
    • Air PACA
    • Province de Turin
    Partenaires Techniques
    • ARPA Ligurie
    • ARPA Piémont
    • ARPA Vallée d’Aoste
    • Université de Gênes
    Publication

    Le programme ALCOTRA 2010-2013 est un programme européen de coopération transfrontalière le long de la frontière continentale entre la France et l’Italie. Les cinq régions situées de part et d’autre des Alpes partagent depuis plusieurs années un même constat : l’air n’y est pas tout à fait sain. De quoi casser le mythe de l’air pur de nos montagnes…

    C’est ainsi que le projet stratégique AERA est né, la qualité de l’air s’étant imposée comme un sujet transfrontalier à forts enjeux sanitaires. Agir ensemble pour l’améliorer, c’est toute l’ambition du projet.

    Du diagnostic à l’estimation de l’exposition de la population

    En relation avec les objectifs de la Communauté Européenne, le projet AERA vise à répondre à quelques questions fondamentales, à même d’apporter des éléments d’aide à la décision pour les acteurs locaux :

    • Comment harmoniser le dispositif de surveillance de qualité de l’air à l’échelle de l’Eurorégion ?
    • Comment identifier plus finement les populations exposées aux pollutions et agir pour leur santé ?
    • carte du nombre de jour avec une moyenne journalière de PM<sub>10</sub> supérieur à 50 ug.m-3
    • Quels sont les secteurs d’activités contributeurs ?
    • Peut-on prévoir la qualité de l’air à l’échelle de ce territoire ?
    • Peut-on anticiper l’impact sur la QA des politiques locales et notamment celles sur le chauffage au bois et ainsi adapter les décisions pour réduire cet impact ?

    C’est ainsi qu’après une phase d’état des lieux de la qualité de l'air de l’Eurorégion, Air Rhône-Alpes a participé à la construction d’un inventaire des émissions et d’un outil de modélisation à l’échelle de la zone du programme ALCOTRA.

    Ces outils ont permis de montrer que les régions subissent inégalement l’impact de la pollution, notamment aux particules puisque les 0,6 % des Rhônalpins sont exposés à des niveaux supérieurs à la réglementation, alors que 85,6 % des Piémontais le sont. Malgré ce résultat contrasté, la France est engagée au niveau européen dans un contentieux qui pourrait la mener à de fortes amendes si elle ne démontrait pas l’efficacité de ses plans d’actions…

    Résultats d'exposition de lapopulation pour les particules fines PM<sub>10</sub> pour l'année 2008

    A partir de ces outils et du retour d’expérience, chaque région s’est engagée dans des études propres, lui permettant d’évaluer sur son sol des actions particulières : en Rhône-Alpes, un travail a porté sur la scénarisation de l’impact sur la qualité de l'air du développement de la filière bois énergie.

    Zoom sur l’impact sur la qualité de l'air du développement de la filière bois énergie

    En Rhône-Alpes, une politique en faveur du bois-énergie est particulièrement soutenue par les collectivités territoriales, en particulier pour les besoins du chauffage résidentiel. Si cela permet de limiter la dépendance énergétique vis-à-vis des produits pétroliers tout en limitant les émissions de CO2, le chauffage au bois peut avoir des conséquences sur les émissions de certains polluants locaux dans l'atmosphère, en particulier les particules fines. Il est donc essentiel d’orienter le plus efficacement possible cette politique afin de réduire conjointement les émissions de CO2 et de polluants atmosphériques (particules, HAP, benzène…), en particulier sur les territoires soumis à des dépassements récurrents de seuils réglementaires.

    Ainsi, deux scénarii ont été testés, à l’horizon 2020, plus particulièrement sur les émissions et concentrations de particules PM10, polluant visé par le contentieux européen : l’un est ciblé sur le développement et la modernisation du chauffage individuel au bois (scénario « individuel »), tandis que l’autre est orienté vers le développement ou l’extension de réseaux de chaleur biomasse et chaufferies bois collectives venant se substituer à des chauffages individuels fioul ou électriques (scénario »collectif »). Les scénarios ont été comparés à un cas de référence 2008.

    Population exposée à un dépassement de la valeur limite PM<sub>10</sub>
en Rhône-Alpes

    La modernisation du parc d’appareils individuels au bois permet des gains substantiels d’émissions de PM10 et donc une forte diminution de la population exposée à des niveaux élevés de particules :

    • Sur la région, la population exposée passe de 26% en 2008 à 17% dans ce scenario
    • Sur les zones soumises à des PPA, la population exposée passe de 21% en 2008 à 15%

    Le développement de chaufferies collectives en dehors des territoires sensibles permet de ne pas trop dégrader la situation actuelle, notamment sur les territoires sensibles :

    • Sur la région, la population exposée passe de 26% en 2008 à 28% dans ce scenario
    • Sur les zones PPA, la population exposée passe de 21 % en 2008 à un peu moins de 22%

    Ce constat laisse entrevoir des perspectives de développement intéressantes, en combinant à la fois la modernisation du parc individuel et l’évolution raisonnable des chaufferies collectives. Un développement concerté du bois énergie est donc possible, tout en préservant la qualité de l’air.

    Perspectives

    Le projet s’achèvera début 2013 avec une phase de valorisation des résultats obtenus dans le projet. Par ailleurs, les outils étant maintenant en place, il est bien probable que les acteurs de ce projet se retrouvent sur une nouvelle programmation ALCOTRA pour exploiter cette première expérimentation et œuvrer à reconstruire le mythe d’un air alpin plus pur.

    ALCOTRA : une zone d'étude hétérogène

    Grandes agglomérations, montagnes, vallées et plaines. Climats méditerranéen, continental et de montagne. Le domaine ALCOTRA est très hétérogène et la sensibilité des territoires à la pollution de l’air est très différente suivant le lieu.